Disquaire indépendant, métier en voie de disparition ?

Disquaire ? ce métier qui à ce jour résiste grâce au retour depuis quelques années à la mode du disque vinyle, mais pour combien de temps ?

C’est dans les années 60 que la production du format 45 tours explose, avec les radios, mais surtout les juke-boxes et les boums ! Ah les boums ! un endroit comme une discothèque clandestine, se réunissaient les jeunes, avec quelques bouteilles, soit chez l’un soit chez l’autre, chacun amenait ses disques, c’est pour cela que l’on constate que les disques de cette époque sont souvent notifiés du nom du propriétaire du disque, pour éviter tout emprunt !!…Une époque ou les yéyés étaient en tête d’affiche ! Johnny Hallyday, Sheila, Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, etc…. Mais aussi les Kinks, les Beatles, ….et le début de certains chanteurs et groupes mythiques qui vont prendre le relais dans la décennie suivante….

Puis les années 70, ou le fameux 33 tours prend le devant ! Les boums sont toujours là et les ventes explosent ! Dans ces années psychédéliques, le disquaire prend une grande place dans le domaine culturel. C’est le nouveau point de rencontre des jeunes qui viennent dépenser l’argent de poche. Et le disquaire est là pour faire écouter les perles qui arrivent par cartons sur les hauts parleurs de la boutique. Des grands moments de découvertes musicales avec à l’époque, l’ascension des Rolling Stones, The Who, David Bowie, AC/DC, …mais aussi des groupes comme Gentle Giant, Jethro Tull, Titanic, etc….

Dans ces années là, certains disquaires sentent un filon à explorer: les disques imports ! ces précurseurs vont proposer d’autres styles musicaux qui arrivent tout droit des USA, comme la Soul Music, Funk, puis arrive le Disco…Ces musiques qui vont générer la propulsion des discothèques avec des DJ’s qui vont assurer la promotion de leurs artistes favoris…

Champs Disques Paris

Givaudan Import Disques, Blue Heaven, Drugstores Publicis, Champs Disques, Discoclub, Discoparnasse, Lido Musique, New Rose, etc…. des magasins ou on trouvait des perles rares qui passaient dans les discothèques comme Le Palace, lieu mythique au 8, rue du Faubourg-Montmartre à Paris, ou œuvrait le DJ Guy Cuevas, pour certains une réplique du Studio 54 à New York, enseigne emblématique. Avec la montée des DJ’s les magasins de vinyles et cassettes sont en pleine expansion. Tous les week-ends, c’était la course à trouver la nouveauté qui va faire le buzz…

Une époque ou le disquaire arrivait à faire un salaire et nourrir une famille. Son travail, découvrir, faire découvrir, faire la promo, etc…. Un comptoir, une ou plusieurs platines vinyles, le casque d’écoute ! les premiers accrocs à la galette noire sont là pour confectionner les premières collections de disques vinyles. Beaucoup vont y laisser leurs salaires !… Pour le disquaire à cette époque, c’est une mine d’or ce petit sillon qui reproduit de la musique.

Crocodisc Paris

Chaque weekend, les discothèques et radios diffusent de la musique, et dès les premiers jours de la semaine, les amoureux du son venaient chercher le disque entendu et le disquaire cherchait parfois comme un malade d’où provenait ce style musical, mélodie, etc. Un travail de recherche qui donnait satisfaction au client quand il avait le sésame entre les mains !!..

Dans les années 80, plus de 2500 disquaires sont éparpillés sur le sol français, mais l’arrivée du CD en début de cette décennie va mettre les disquaires sur la paille, vite écouler les disques vinyles annoncés comme obsolètes,…. La plupart de la population jette les vinyles ou les revendent pour des sommes dérisoires, pour laisser place à la technologie numérique…. Mais le Le nombre de disquaires en France a fortement diminué avec le développement des rayons CD et parfois vinyles, avec l’implantation massive dans les grandes surfaces, des disques au milieu des carottes !!… C’est le début du déclin des disquaires, les boutiques ferment une à une, il en reste proche de 500 dans les années 2000, puis 200 vers 2011, …. la fin des disquaires ?

Ils sont encore là dans les grandes villes : Paris, Toulouse, Marseille, Lyon, mais la fin dans les petites villes… Ils crient à l’agonie pour certains qui cherchent une solution !! Internet est là et donne un petit coup de revival à quelques uns… Mais les grosses machines commerciales ont déjà mis un grand coup, avec des sites internet attrayant, avec des prix défiant toute concurrence, le petit disquaire qui calcule le meilleur prix ne peut pas suivre !!!

Le Laboratoire Toulouse

Mais combien de temps vont ils encore tenir ? Le retour du vinyle dans les bacs redonnent un petit coup d’espoir aux disquaires…mais c’est pas gagné ! Des animations voient le jour pour maintenir ce métier, le Disquaire Day (Record Store Day), le Black Friday, des éditions exclusives Disquaires

Les disquaires souffrent des grands réseaux de distributions spécialisés, mais également de la dématérialisation de la musique. De nos jours, il parait de plus en plus « inutile » de se déplacer chez un disquaire pour acheter un album alors que l’on peut télécharger tranquillement de chez soi. Mais ce “fameux son” bien compressé (MP3 ou autre) avec une écoute casquée bien souvent, apporte une autre clientèle, la génération de sourds ! En tapant ces mots clés sur le moteur de votre ami Google, on peut remarquer que nous y sommes !!….

Le Comptoir du Disque Montpellier

Une aubaine pour les disquaires qui survivent, considérés la plupart comme des dinosaures en voie d’extinction…. on ne peut que les congratuler, car leur métier est une passion, un amour pour la musique, la fidélisation d’une clientèle, et continuer à faire découvrir de nouvelles musiques. Ils sont là pour chacune de vos questions, et résistent aux grosses machines de guerre….

Une seule phrase : Soutenez votre disquaire indépendant en achetant directement dans leurs boutiques physiques ou sites internet indépendants… Grâce à vous, grâce à eux, la culture musicale ne tombera pas dans des musiques éphémères sans lendemain.

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